Frédéric Pradal/Gorky

La promenade des éloignés

Gorky, l’une de ces personnes que tout le monde côtoie et que personne ne voit, nous raconte sa vie, sa vie si romantique, si non-conformiste, si poétique sur les routes… mais si terriblement réaliste pour des milliers de gens. Les rencontres, les amitiés, les coups de main… et les drames.
Dans le volume, un premier texte, précurseur du texte principal : les Balles populaires où l’aventure de Gorky commence…
Vous le rencontrerez peut-être dans un de ces Centres culturels ou sur le plateau d’une Scène nationale, n’ayez pas peur de l’approcher à la fin du spectacle et de lui demander son histoire. Frédéric Pradal, probablement encore un peu Gorky, n’hésitera pas à vous dédicacer son livre.
Ré-impression de ce livre dont la première édition a été rapidement épuisée.

Extrait du monologue de Gorky (p. 16)
Il y avait aussi Amalu. Amalu, lui on l’appelait le Français parce que ça fait dix ans il vivait dedans la France, mais il est de l’Algérie aussi. Dans l’Algérie, Amalu ça veut dire ombre, c’est joli.

Amalu, c’est lui le premier il a pris les choses dedans sa main. Il a dit : « Il faut pas rester sur ce terrain, c’est celui de nos adversaires et il faut définir la tactique pour la saison à venir ». Oui, il parlait comme ça Amalu. C’est en fait, quand il arrive dedans la France les dix ans avant, il achète L’Équipe. Tous les jours.

Et puis il le garde dessous son bras comme ça tout le monde il croit il est français. Et c’est comme ça il a appris de lire et de écrire le Français. Alors à la force, il avait un peu l’esprit d’Équipe.

La promenade des éloignés