Adaptation de Danièle Klein et Eric de Dadelsen

Oliver Twist, d’après Charles Dickens

Un roman mythique devenu texte de théâtre. 

Dickens est un mythe, une référence, et la fierté littéraire de tout un peuple, qu’il a si souvent dépeint, sans afféterie, et avec l’engagement et le style unique des grands écrivains. Un talent hors-pair, une vie romanesque avec son lot de scandales et de succès, une existence qui part de zéro ou presque, et qui traverse un siècle urgent, glauque, malade de ses avancées et de cette course effrénée au progrès, qui finira de creuser le fossé des inégalités.

OliverTwist

Au cœur d’ OLIVER TWIST, l’un des tout premiers romans de Charles Dickens, il y a d’abord des souvenirs exacts et encore bien présents dans le cœur et la chair de l’auteur : Londres et ses campagnes environnantes, et tout un panel de personnages qui vont d’affreux, sales et méchants à honnêtes, bons… et riches. Londres défile sous nos yeux, avec une précision de cartographe et un petit ton jouissif et cynique qui tout au long du roman épais distille une impression de distanciation, une habileté à mêler le sentiment et la raison. Au cœur d’ OLIVER TWIST, il y a l’histoire intemporelle et universelle de ce petit orphelin, trimbalé de bouges sordides en maisons cossues, vendu, battu, qui pleurniche sans cesse le peu de mots qu’il connaît.C’est un mélodrame brillant, qui manie suspens et émotion avec une égale répartition, qui tire des portraits bien sombres des adultes, et n’épargne en rien les enfants cruels. Tout au long du « road-movie » mis en scène par Oliver Mellor, il y a de bonnes fées, mais pas beaucoup, et plutôt pas mal de coups durs. On épargne trop souvent aux jeunes lecteurs et spectateurs la vision du monde tel qu’il est. On noie le propos sous des machines poétiques, des effets de manche qui parlent du monde comme d’une autre planète. Ici, c’est Londres, moitié du 19ème, et ça ne rigole pas : la mort plane sans cesse, et se pose souvent sur les plus faibles, et les marginaux. On y vole, on se trahit, on se ment. Rien n’est épargné, il y a même des prostituées, des meurtres, des bondieuseries, et les riches gagnent à la fin. Avec les yeux d’enfant d’Oliver, et le recul de Dickens, l’addition passe, mais elle est conséquente. 

Le roman foisonnant de Dickens trouve dans l’adaptation de Danièle Klein et Eric de Dadelsen de belles raisons d’exister sur un plateau de théâtre. C’est un texte qui appelle à de multiples audaces et émotions, et comme à notre habitude à quelques chansons.

OliverTwist-couverture

  • « Oliver Twist, d’après Charles Dickens »
  • Collection « Editeurs associés » (Collection théâtreS - Volume 2)
  • Textes : Adaptation de Danièle Klein et Eric de Dadelsen
  • Préface : Eric de Dadelsen
  • 2e trimestre 2015
  • 154 pages - format 18,5 cm x 15,5 cm
  • Prix public : 16 €
  • Editions Juste au Corps (distribution Corps Puce)
  • ISBN : 978-2-910782-19-1   EAN : 9782910782191