Henri Chevignard

Poèmes en miroirs

• Henri Chevignard
• Photos : Magali Lambert
• Collection Liberté sur parole (volume 21)

 

Poèmes en miroirs

 

Préface de Jean-François Lavallard

Si je vous dis que ces « poèmes en miroirs » provoquent la réflexion, vous allez sourire et me répondre que c’est un peu facile et vous n’aurez pas tort. Permettez-moi quand même d’insister en vous montrant que ces courts textes, avec leurs instants donnés / instantanés qui évoquent parfois l’art du photographe, outre les sensations qu’ils procurent, donnent à réfléchir et à vagabonder, parce que leur force d’évocation vient enrichir notre propre imagination.

Autre attrait des « poèmes en miroirs » d’Henri Chevignard : ils s’accommodent bien d’une lecture à petite dose, comme ceux des recueils qui ne quittent pas le chevet du lit et dont les textes s’apprivoisent par une approche assidue, pour en goûter la substance sans jamais l’épuiser. Oui, l’expression de lecture « dégustative » prend ici tout son sens et elle reflète bien, fait écho au goût pour l’écriture de l’auteur avec son choix exigeant des mots et leur combinatoire séduisante. La densité du texte résiste à l’usure et révèle sa profondeur, sa finesse d’observation au fur et à mesure qu’on le revisite.

Ces miroirs — fidèles, déformants ? — renvoient au lecteur une réalité singulière par le biais d’une palette de mots, économe, brève, fulgurante ; ils donnent à l’ensemble une vision originale avec le sens des formules qui font mouche.

Cette démarche d’écriture est le résultat d’une contemplation active d’un monde à portée de main : la fièvre du printemps, le dessin « au trait » d’un arbre dans le brouillard, la magie du détroit, les rives du canal, la beauté mystérieuse de la calligraphie chinoise et de son support (« le papier vibre  »)

La finesse d’observation permet aussi une description attentive de lieux comme le musée des dimanches, le restaurant du bord de mer, la crêperie du zoo. D’autres miroirs encore ont l’art de suggérer l’humide, le lierre des « bonnes manières », la musique de la pluie, la verticalité et les courbes du temps de la Pentecôte, le temps de l’après-midi et ses souvenirs d’enfance…

Ce que j’aime aussi dans cette manière de montrer, de faire voir du poète, c’est son art de la juxtaposition et des rapprochements inattendus, fruits d’un « hasard » habilement convoqué qui rappelle les poèmes de Jean Follain :

L’écolier distrait…
Á l’approche des gares…
Que le train reste en panne…
Les coudes sur le zinc.

J’en terminerai, pour laisser le lecteur à ses propres découvertes, avec le choix des mots évoqué plus haut et cette façon toute particulière de les assembler (variation sur le verbe passer, le double sens du verbe compter, le choix d‘« encager », le « claquement de consonnes », « la nuit s’effrange », « crépuscule, crépuscule »…) quelques pépites parmi d’autres dont on cherche à savoir la préférence qu’on a pour le goût à les dire ou pour le goût à les entendre.

Se pose à nous, enfin, et c’est tant mieux, l’ambiguïté « miroitante » du discours poétique, obscur parfois mais jamais hermétique, avec son opacité suffisante, propre à la réflexion vertigineuse de quelque miroir sans fond.

Un extrait du recueil (page 17)

A rebours
d’une insistance enfantine
les gouttelettes se poursuivent
sur la vitre du train

L’on quitte le tunnel mais
crépuscule crépuscule
se murmure à l’infini

• N° ISBN : 2-35281-024-8
• EAN : 9782352810247
• 68 pages – format 14,5 cm x14,5 cm
• 4 photos noir et blanc intérieur, 1 photo couleur en couverture.
• Prix public : 8 €

  • « Poèmes en miroirs »
  • Collection « Liberté sur parole » (Volume 21)
  • Textes : Henri Chevignard
  • Photos : Magali Lambert
  • Préface : Jean-François Lavallard
  • 68 pages - format 14,5 cm x 14,5 cm
  • Prix public : 8 €
  • ISBN : 2-35281-024-8   EAN : 9 782352810247