Jean Foucault

Prélude au Rwanda sans peine

Auteur : Jean Foucault
Illustrateur : Bruce Clarke

Rwanda

 

Extrait de la préface d’Ousmane Diarra

Chants polyphoniques pour la vie quand elle se vit au présent

Album de chants polyphoniques, profondément « animistes », Prélude au Rwanda sans peine de Jean Foucault est un grand hymne à la vie, à l’amour de la vie. Chaque élément de la nature, chaque geste du vivant possède une âme, une couleur, un parfum et une voix, et apporte sa note à l’harmonie générale du vivant.

Qu’il traînaille dans les rues ocres de Kigali ou folâtre entre les collines, qu’il se dresse dans une barque, au milieu d’un lac ou se murmure dans un aéroport, le poète traque les mots, les expressions galvaudées et les lieux communs, les tourne et les retourne dans tous leur sens, sous tous les angles, pour finir par les mettre à nu, révéler au soleil leurs sens pervers, souvent contradictoires, et ce, dans un va-et-vient entre les cultures, entre les civilisations.

« Civilisations ! Civilisations… » s’écrierait Tagore révolté par leur arrogance. Comme elles peuvent accoucher souvent de monstres !

Ainsi, qu’on l’appelle Dieu ou Diable, le Malin ne prend-t-il que la couleur de la civilisation qui l’a fabriqué, et par la mégalomanie de la même civilisation, s’amuse à jouer des tours aux hommes, et aux plus « ordinaires » d’entre eux, ceux qui ne cherchent qu’à vivre simplement et en harmonie avec la Terre.

Le Malin peut tout aussi bien prendre la couleur de la langue locale, et faute d’avoir pu franchir ses frontières, s’abattre sur ses concitoyens. Alors, les espaces épousent l’ombre des cimetières et les chaises les silhouettes de squelettes estropiés. De même que sous le regard du poète, les pommes de terre peuvent épouser la forme de crânes ou se révéler être la tête d’un nouveau-né qui tarde à sortir de la salle de bain, faute d’eau !

Chant à la Terre donc et hymne au vivant, cette poésie de Jean Foucault où se succèdent longs versets, proses et poèmes et poèmes courts en forme de haïku, me rappelle ces chants des jeunes filles du village, au clair de lune, qu’enfant, j’aimais écouter.

J’y redécouvre leur mélodie successivement endiablée, joyeuse, pathétique et langoureuse, mais toujours invitant à la vie. Frappant le sol de ses pieds nus, à tour de rôle, l’une court loin devant elle, s’arrête soudain en lançant son chant. Elle revient aussitôt vers les autres, comme effrayée et se jette dans leurs bras, faussement épuisée. Ensemble, leurs voix s’élèvent en crescendo, appelant les patriarches, eux qui croient tout savoir, à prêter attention à leurs « petites vérités ». Et quelles vérités ? « La vie quand elle se vit au présent… »

Certes, Prélude au Rwanda sans peine chante le Rwanda et le quotidien de son peuple, « le petit peuple », mais, me semble-t-il, s’adresse à toute l’humanité, invitant les hommes à revoir les copies de leurs civilisations afin de redécouvrir le sens du bonheur ordinaire, celui de vivre en harmonie avec la nature.

  • « Prélude au Rwanda sans peine »
  • Collection « Liberté sur parole » (Volume 13)
  • Textes : Jean Foucault
  • Illustrations : Bruce Clarke
  • Préface : Ousmane Diarra
  • 96 pages - format : 18,5 cm X 15 cm
  • Prix public : 16 €
  • ISBN : 2-35281-006-X   EAN : 9782352810063